Ce qu’il faut savoir sur la fermeture d’une entreprise
- La dissolution d’une société se vote en assemblée générale extraordinaire, avant toute liquidation.
- L’annonce légale de dissolution doit être publiée dans le mois qui suit la décision.
- La mise en sommeil d’une société est limitée à 2 ans, renouvelable une fois.
- La déclaration de résultat final se dépose dans les 60 jours suivant la cessation d’activité.
- Le droit de partage sur le boni de liquidation s’élève à 2,5 % du montant réparti.
5 faits vérifiés4 sourcesmis à jour le 14 septembre 2026
Deux procédures bien différentes
Fermer une entreprise individuelle ne suit pas les mêmes règles que fermer une société. Le statut de départ change tout.
Temporaire ou définitif, un choix qui compte
La mise en sommeil n’a rien à voir avec une dissolution. Le mauvais choix coûte du temps et parfois de l’argent.
Anticipe les délais administratifs
Entre le vote de dissolution et la radiation effective, plusieurs semaines s’écoulent presque toujours.
Une société ne disparaît pas du jour au lendemain dès que ses associés le décident. Pour fermer une entreprise, il faut d’abord la dissoudre, puis la liquider, avant de demander sa radiation au registre du commerce. Pour une entreprise individuelle, la logique est plus courte, mais tout aussi encadrée. Je vais te donner la marche à suivre selon ton statut, avec les délais et les coûts réels, pas des estimations vagues.
Quelles sont les étapes pour fermer ton entreprise ?
Deux chemins existent, et ils se confondent souvent chez les entrepreneurs. Le premier concerne l’entreprise individuelle et l’auto-entreprise. Le second concerne les sociétés comme la SASU, l’EURL ou la SARL. Ton point de départ détermine toute la suite de la procédure.
Ces trois formes se ferment de la même façon dans les grandes lignes, avec des nuances de vocabulaire. Une SASU parle de président et d’associé unique, une EURL parle de gérant et d’associé unique, une SARL implique plusieurs associés et une majorité à respecter pour valider la dissolution. Le socle légal ne change pas: dissolution, liquidation, radiation.
Si tu es auto-entrepreneur, la fermeture passe par une simple déclaration de cessation d’activité sur le guichet unique de l’INPI. C’est la plateforme qui a remplacé les centres de formalités des entreprises depuis 2023. Tu indiques une date de cessation, tu joins tes derniers justificatifs, et la radiation suit sans étape supplémentaire. Ton numéro de Siret disparaît des fichiers actifs sous quelques jours.
Avant de cliquer sur ce formulaire, règle trois choses en amont. Facture tes dernières prestations et encaisse-les si possible avant la date de cessation choisie: après cette date, la relance d’un client impayé devient plus lourde administrativement. Résilie ton compte bancaire professionnel une fois le dernier virement reçu. Prépare ta dernière déclaration de chiffre d’affaires auprès de l’Urssaf, même à zéro si tu n’as rien facturé sur la période.
Pour une société, la route est plus longue. Il te faut réunir plusieurs pièces avant d’engager la procédure :
- un procès-verbal de décision de dissolution signé par les associés
- les statuts à jour et le dernier extrait Kbis
- une attestation de parution dans un journal d’annonces légales
- le bilan de clôture établi par le liquidateur
Sans ce dossier complet, le greffe rejette la demande de radiation. C’est l’erreur la plus fréquente chez les entrepreneurs pressés: vouloir clôturer avant d’avoir réuni toutes les pièces. Un dossier incomplet fait perdre en moyenne deux à trois semaines, le temps de recevoir le refus, de corriger, puis de redéposer.
Le dépôt se fait aujourd’hui en ligne, sur le même guichet unique que pour une création d’entreprise. Chaque pièce se transmet au format numérique, avec une signature électronique du représentant légal. Garde toujours une version papier signée en parallèle: certains organismes, comme une banque qui clôture un compte professionnel, demandent encore ce justificatif dans sa forme originale.
La question du timing revient souvent. Mieux vaut engager la procédure en début d’exercice comptable plutôt qu’à cheval sur deux exercices fiscaux: cela évite de produire deux jeux de déclarations pour une seule année d’activité réelle. Un expert-comptable t’aide à choisir la date de cessation la plus avantageuse selon ton calendrier fiscal.
Vérifie aussi que ton activité ne dépend pas d’une autorisation ou d’un agrément spécifique. Une activité réglementée, comme le courtage ou certains métiers du bâtiment, impose parfois d’informer un ordre professionnel ou une chambre consulaire avant la fermeture, en plus des formalités classiques du guichet unique.

Un dernier point mérite ton attention si tu emploies quelqu’un: la fermeture de l’entreprise met fin aux contrats en cours. Un salarié en CDD pour remplacement ne continue pas sa mission au-delà de la date de cessation, même si son terme initial est plus lointain. La rupture anticipée ouvre droit à une indemnité spécifique, distincte de celle d’un licenciement classique.
Mise en sommeil ou dissolution : comment choisir ?
C’est ici que je vois le plus d’erreurs. Beaucoup d’entrepreneurs dissolvent une société qu’ils auraient simplement pu mettre en sommeil, et perdent du temps et de l’argent sur une procédure qu’une pause administrative aurait évitée.
Mets ta société en sommeil si tu envisages une reprise d’activité dans les deux prochaines années et si elle ne porte pas de dettes lourdes. La cessation temporaire d’activité se déclare aussi sur le guichet unique, pour un coût proche de zéro, et laisse la structure juridique intacte. Tu gardes ton numéro de Siren, ton historique bancaire, et la possibilité de relancer l’activité sans nouvelle immatriculation. Une entreprise individuelle peut elle aussi se mettre en sommeil, avec les mêmes avantages pratiques.
Concrètement, la mise en sommeil te dispense de la majorité des obligations comptables lourdes: plus de facturation, plus de TVA à déclarer sur la période, même si une société doit encore déposer des comptes annuels allégés dans la plupart des cas. Certains créateurs l’utilisent aussi pour geler une marque ou un nom commercial pendant qu’ils préparent un nouveau projet, sans reconstituer tout un dossier d’immatriculation plus tard.
Pour une entreprise individuelle, tu continues de payer la domiciliation pendant toute la période de sommeil si tu loues une adresse commerciale: la pause n’annule pas ce loyer-là, et beaucoup de sociétés de domiciliation facturent sans distinction une structure active ou en sommeil. Vérifie aussi ton assurance professionnelle. Beaucoup d’entrepreneurs continuent de la payer sans besoin réel pendant un sommeil de plusieurs mois, faute d’avoir prévenu leur assureur. Un simple courrier de mise en pause suffit pourtant à réduire la cotisation, voire à la suspendre entièrement le temps de l’arrêt.
⚠️ Une société en sommeil au-delà de 2 ans risque une radiation d’office par le greffe, sans que tu aies rien décidé toi-même.
Choisis la dissolution si l’activité s’arrête pour de bon, si des dettes existent, ou si les associés veulent récupérer les actifs restants. La dissolution enclenche une liquidation, avec un partage final entre associés une fois les créanciers payés. C’est un aller sans retour: une société radiée ne se relance jamais, il faut en recréer une nouvelle avec un nouveau numéro Siren.
Un cas mérite une vigilance particulière: si les dettes dépassent les actifs disponibles, la dissolution amiable classique n’est plus la bonne voie. Le dirigeant doit alors se tourner vers une procédure de liquidation judiciaire auprès du tribunal de commerce, encadrée par un juge et un mandataire désigné. Continuer une liquidation amiable dans cette situation expose le dirigeant à des poursuites pour gestion de fait. La liquidation judiciaire passe devant le tribunal de commerce, qui nomme un mandataire chargé de vendre les actifs et de répartir le produit entre créanciers selon un ordre légal strict.

Dissolution et liquidation d’une société, le mode d’emploi
La procédure suit un ordre précis. Sauter une étape ne fait pas gagner de temps, elle bloque la suivante. Voici ce que tu dois faire, dans l’ordre, sans rien improviser.
Voter la dissolution
Les associés se réunissent en assemblée générale extraordinaire et votent la dissolution anticipée. Les règles de majorité dépendent de la forme sociale et des statuts: une SARL exige souvent les deux tiers des parts, une SAS suit ce que prévoient ses propres statuts. Ce vote se formalise en assemblée générale extraordinaire, distincte de l’assemblée annuelle qui approuve les comptes courants. Le procès-verbal nomme aussi un liquidateur amiable, souvent un associé ou le gérant lui-même. Cette personne devient responsable des opérations jusqu’à la clôture, et sa mission se dépose ensuite au greffe dans les délais impartis.
La vidéo ci-dessus détaille le cas d’une SASU, mais la logique s’applique presque à l’identique pour une SARL ou une EURL. Seuls les organes de décision changent de nom, la trame des étapes ne bouge pas.
Publier l’annonce légale et liquider
Dans le mois qui suit le vote, le liquidateur publie un avis dans un journal d’annonces légales. Cette parution informe les tiers et les créanciers qu’ils disposent d’un délai pour se manifester et faire valoir une créance. Le liquidateur vend ensuite les actifs, encaisse les créances clients et règle les dettes dans l’ordre légal: salariés d’abord, puis organismes sociaux, fisc, et enfin fournisseurs.
Cette phase dure généralement entre un et trois mois pour une petite structure sans stock ni immobilier, et bien davantage si des actifs complexes doivent être vendus. Le liquidateur tient une comptabilité de liquidation séparée, distincte de celle de l’activité passée, et rend compte de sa gestion aux associés à intervalles réguliers.
Un solde positif après remboursement de toutes les dettes s’appelle un boni de liquidation. Il se répartit entre associés au prorata de leurs parts, et supporte un droit de partage. À l’inverse, un solde négatif, appelé mali de liquidation, pèse sur la société jusqu’à épuisement des actifs, sauf clause de responsabilité illimitée des associés selon la forme sociale. Une SARL ou une SASU protège en principe le patrimoine personnel des associés, sauf faute de gestion prouvée devant le tribunal.
Clôturer et radier la société
Une dernière assemblée générale approuve les comptes de liquidation et prononce la clôture. Le liquidateur dépose ensuite une demande de radiation au greffe, dans le mois qui suit cette clôture. La société perd alors sa personnalité juridique: plus de Kbis, plus d’existence légale, plus de capacité à signer un contrat ou à facturer quoi que ce soit.
Garde une copie de tous les documents de liquidation pendant plusieurs années après la radiation. L’administration fiscale conserve un droit de contrôle sur les derniers exercices, même une fois la société rayée du registre du commerce.
Certains associés espèrent accélérer la clôture en sautant l’étape de publication de l’annonce légale. Le greffe refuse alors le dossier de radiation, faute d’attestation de parution. Ce raccourci fait perdre plus de temps qu’il n’en économise: mieux vaut respecter l’ordre des formalités dès le départ, même sous pression d’un calendrier serré.
Combien coûte la fermeture d’une entreprise ?
Le coût dépend entièrement du statut de départ et du chemin choisi. Voici ce que tu peux vraiment prévoir, délai compris:
| Statut | Démarche | Délai moyen | Coût moyen |
|---|---|---|---|
| Auto-entrepreneur / EI | Déclaration de cessation en ligne | 8 à 15 jours | Gratuit |
| SASU / EURL en sommeil | Déclaration de cessation temporaire | Jusqu’à 2 ans | Environ 0 à 50 € |
| SARL / SAS en dissolution-liquidation | Vote, annonce légale, liquidation, radiation | 2 à 6 mois | 1 000 à 3 000 € |
L’écart entre une mise en sommeil et une dissolution-liquidation tient surtout à l’annonce légale et aux honoraires d’un professionnel si tu en engages un. Le greffe facture la formalité de radiation autour de 150 à 200 €, quel que soit l’accompagnement choisi. L’annonce légale, elle, varie selon le nombre de lignes et le département, entre 150 et 250 € dans la majorité des cas.
Un expert-comptable ou un avocat facture généralement entre 500 et 1 500 € pour piloter l’ensemble du dossier. Je te conseille d’y passer si ta société a des dettes ou des associés en désaccord: une liquidation mal ficelée engage ta responsabilité personnelle dans certains cas. À l’inverse, une structure sans salarié, sans dette et avec un associé unique se ferme souvent seul, sans accompagnement payant.
Entre les deux, des plateformes juridiques en ligne proposent un forfait autour de 300 à 600 €, formalités de greffe comprises mais annonce légale facturée à part. Compare toujours ce qui est inclus avant de signer: certains forfaits affichés à bas prix renvoient discrètement l’annonce légale et les frais de greffe en supplément, ce qui double la facture finale.
Un dernier poste passe souvent inaperçu: la conservation des archives comptables. La loi impose de garder les documents sociaux et comptables plusieurs années après la radiation, sur un support papier ou numérique sécurisé. Prévois un espace de stockage durable avant de vider tes locaux, plutôt que de tout jeter le jour de la clôture.

Certains frais s’ajoutent selon ton activité et passent souvent sous le radar. Un commerçant qui vend en ligne via une boutique dropshipping doit aussi solder ses contrats fournisseurs et ses abonnements logiciels avant la clôture, sous peine de prélèvements récurrents après la radiation. Pense également aux assurances professionnelles et aux baux commerciaux: leur résiliation suit des préavis propres, parfois de plusieurs mois, qu’il vaut mieux anticiper avant d’enclencher la procédure.
Quelles conséquences fiscales et sociales après la fermeture ?
La cessation d’activité déclenche une imposition immédiate. Tu dois déposer une déclaration de résultat dans les 60 jours suivant la date de cessation effective, même en cours d’exercice. Les plus-values latentes sur le matériel ou le stock entrent dans ce calcul final, tout comme les provisions non utilisées qui redeviennent imposables.
Le régime fiscal de la structure change la donne. Une société soumise à l’impôt sur les sociétés règle un dernier solde d’IS sur son résultat de clôture. Une entreprise individuelle ou une société à l’impôt sur le revenu intègre ce résultat final directement dans la déclaration personnelle du dirigeant, l’année de la cessation. Côté TVA, une dernière déclaration récapitule les opérations non encore régularisées, avec reversement du crédit ou de la dette restante. Le délai de dépôt varie selon ton régime: 30 jours en régime réel normal, contre 60 jours en régime simplifié. Rate ce délai, et tu t’exposes à une majoration sur la TVA restant due.
Le dirigeant règle aussi ses propres cotisations sociales sur la période d’activité écoulée. Un travailleur non salarié reçoit une régularisation de l’Urssaf une fois le dernier revenu déclaré, parfois plusieurs mois après la radiation effective. Garde une trésorerie de côté pour absorber cet appel tardif: c’est l’un des oublis les plus coûteux chez les dirigeants qui ferment vite.
Côté social, plusieurs démarches suivent la fermeture:
- la radiation auprès de l’Urssaf, automatique via le guichet unique
- la fin des contrats de travail, avec remise des documents de fin de contrat aux salariés
- la clôture des comptes bancaires professionnels une fois toutes les opérations soldées
Si ta société employait du personnel, la fermeture s’apparente à un licenciement pour motif économique. Chaque salarié reçoit un certificat de travail, un solde de tout compte et une attestation destinée à France Travail, nécessaire pour ouvrir ses droits à l’allocation chômage. Ces documents se remettent le dernier jour du contrat, pas après. La procédure impose aussi un entretien préalable et le respect d’un préavis, sauf dispense accordée par le salarié lui-même.
✅ Solde les comptes fournisseurs et salariés avant de demander la radiation: une dette découverte après coup devient bien plus difficile à régler une fois la société rayée du registre.
Si un salarié quitte son poste avant la fermeture officielle, les règles classiques de rupture s’appliquent. Un employé qui préfère quitter un CDI plutôt que d’attendre un licenciement économique garde ses droits au chômage, sous réserve des conditions habituelles de démission légitime.
Le dirigeant lui-même n’a pas toujours droit au chômage classique. Un dirigeant assimilé salarié peut y prétendre sous conditions, tandis qu’un travailleur non salarié dépend de l’allocation des travailleurs indépendants, plus restrictive et réservée aux cas de liquidation judiciaire ou de redressement. Ce montant forfaitaire se verse pendant six mois maximum, loin de couvrir un salaire de dirigeant habituel: prévois un matelas financier avant d’enclencher la procédure plutôt qu’après.
Pense aussi à ta protection sociale personnelle pendant la transition. La couverture maladie d’un indépendant ne s’arrête pas net à la radiation: un maintien de droits s’applique généralement pendant plusieurs mois, le temps de basculer vers un nouveau statut ou un nouvel emploi salarié. Vérifie ce point auprès de ta caisse avant de considérer le dossier comme clos.
📏 Le droit de partage sur le boni de liquidation atteint 2,5 % du montant réparti entre associés, un chiffre à intégrer dans ton calcul avant de dissoudre.
Après la fermeture, beaucoup d’entrepreneurs se posent la question du prochain projet. Faire un bilan de compétences aide à transformer cette expérience en tremplin plutôt qu’en échec. Ce que je recommande en premier: ne pas se précipiter sur une nouvelle création avant d’avoir soldé proprement l’ancienne structure, dettes et documents administratifs compris.
FAQ sur la fermeture d’une entreprise
Par quelles étapes passe la fermeture d’une entreprise ?
Pour une entreprise individuelle, une simple déclaration de cessation sur le guichet unique suffit. Pour une société, il faut voter la dissolution en assemblée générale, publier une annonce légale, liquider les actifs, puis demander la radiation dans le mois suivant la clôture.
Combien prévoir pour fermer une société ?
Compte entre 1 000 et 3 000 € pour une dissolution-liquidation complète, annonce légale et frais de greffe compris, davantage si un expert-comptable ou un avocat t’accompagne.
Peux-tu fermer ton entreprise sans rien débourser ?
Oui, si tu es auto-entrepreneur ou en entreprise individuelle: la déclaration de cessation sur le guichet unique de l’INPI est gratuite. Pour une société, tu dois quand même payer l’annonce légale, quel que soit ton budget.
Quels documents dois-tu réunir pour fermer ton entreprise ?
Un procès-verbal de dissolution, les statuts à jour, le dernier Kbis, l’attestation de parution au journal d’annonces légales et le bilan de clôture du liquidateur.
Sources
- Service-PublicCessation d’activité d’une société (dissolution volontaire)
- Service-PublicCessation d’activité de l’entrepreneur individuel
- URSSAFCesser mon auto-entreprise
- INPIFermer une entreprise

