Ce qu’il faut savoir sur l’auto-entreprise et la micro-entreprise
- Auto-entrepreneur et micro-entrepreneur désignent le même régime, fusionné par la loi du 18 juin 2014.
- En 2026, le plafond de chiffre d’affaires atteint 203 100 € pour la vente et 83 600 € pour les services.
- Les cotisations sociales valent 12,3 % du chiffre d’affaires en vente et 21,2 % en prestations de services.
- La franchise en base de TVA s’arrête à 85 000 € en vente et à 37 500 € en services.
- Ton patrimoine personnel est séparé de ton patrimoine professionnel depuis la loi du 14 février 2022.
5 faits vérifiés4 sourcesmis à jour le 5 octobre 2026
Un seul régime
Auto-entrepreneur et micro-entrepreneur nomment la même entreprise individuelle. Seul le vocabulaire a changé.
Deux plafonds
Un plafond pour la vente, un autre pour les services, mesurés sur les deux années précédentes.
Cotisations au prorata
Tu paies un pourcentage du chiffre d’affaires encaissé. Aucune recette, aucune cotisation.
Une sortie prévue
Au-delà des plafonds sur deux années, tu bascules vers le régime réel d’imposition.
Auto-entrepreneur et micro-entrepreneur désignent le même régime depuis la loi du 18 juin 2014. Quand tu hésites entre auto entreprise ou micro entreprise, tu compares donc un statut avec lui-même. Je te donne ici les plafonds 2026, les taux de cotisation et le seuil où il faut changer de formule.
Auto-entreprise ou micro-entreprise : ce que dit le texte
La loi Pinel a fusionné deux régimes qui vivaient côte à côte depuis 2009. Le mot officiel est aujourd’hui micro-entrepreneur. La fiche du Service-Public vérifiée le 21 février 2026 écrit d’ailleurs « micro-entrepreneur (ou auto-entrepreneur) ». Tu peux donc employer l’un ou l’autre sur tes devis, sur ton site et face à un client.

Dans les deux cas, tu crées une entreprise individuelle. Elle n’a pas de personnalité juridique propre : tu ne rédiges aucun statut et tu n’apportes aucun capital social. Une règle en découle. Un individu ne détient qu’une seule entreprise individuelle. Depuis la loi du 14 février 2022, ton patrimoine personnel et ton patrimoine professionnel sont séparés d’office. Autant le dire : cette barrière protège ta résidence principale, mais l’administration fiscale et les organismes sociaux peuvent saisir les deux patrimoines si tu ignores tes obligations. Si tu hésites entre une EI ou une EURL, compare d’abord ton besoin de protection et ta rémunération visée.
Quels plafonds de chiffre d’affaires respecter en 2026 ?
Le régime micro-fiscal s’applique si ton chiffre d’affaires des deux années précédentes (2024 et 2025 pour l’année 2026) ne dépasse pas 203 100 € en vente de marchandises ni 83 600 € en prestations de services. Un seul dépassement ne te fait rien perdre. En cas de double dépassement, tu passes au régime réel d’imposition, normal ou simplifié. Tu peux aussi opter pour le réel avant d’atteindre le plafond.
La franchise en base de TVA suit d’autres seuils : 85 000 € en vente et 37 500 € en services, avec une tolérance jusqu’à 93 500 € et 41 250 € dans l’année en cours. Sous ces seuils, tu n’ajoutes pas de TVA et tes factures portent la mention « TVA non applicable, article 293 B du CGI ». En revanche, tu ne récupères pas la TVA payée sur tes achats.
📏 Le piège classique : le seuil de TVA des services est inférieur à la moitié du plafond du régime micro. Tu factures la TVA bien avant d’approcher la sortie du régime.
Combien tu paies vraiment de cotisations et d’impôt ?
Tu paies tes cotisations sur le chiffre d’affaires encaissé, sans déduire le moindre frais. Si tu encaisses 0 €, tu ne verses rien. C’est le régime micro-social. Le tableau reprend les taux de la fiche Service-Public, avec l’abattement du régime micro-fiscal et le taux du versement libératoire.

Ce tableau compare les trois grandes familles d’activité en 2026.
| Activité | Cotisations sociales | Abattement fiscal | Versement libératoire |
|---|---|---|---|
| Vente de marchandises | 12,3 % | 71 % | 1 % |
| Prestations de services (BIC) | 21,2 % | 50 % | 1,7 % |
| Profession libérale réglementée (CIPAV) | 23,2 % | 34 % | 2,2 % |
Pour l’impôt, deux voies existent. Par défaut, l’administration retire l’abattement de ton chiffre d’affaires et taxe le reste avec ton foyer. Tu peux aussi opter pour le versement libératoire : l’impôt part avec tes cotisations, à condition que ton revenu fiscal de référence respecte un plafond. Prenons 30 000 € encaissés en services :
- cotisations : 30 000 × 21,2 % = 6 360 € ;
- base imposable après abattement de 50 % : 15 000 € ;
- versement libératoire à 1,7 % : 510 € ;
- reste avant frais professionnels : 23 130 €.
Voilà le point que je juge le plus sous-estimé : les cotisations portent sur le chiffre d’affaires, pas sur ce qu’il te reste. Avec des frais qui dépassent 50 % de ce que tu factures, tu cotises sur de l’argent que tu n’as jamais gardé.
Quand la micro-entreprise ne te convient plus ?
Je te propose un test que les fiches officielles ne donnent pas : compare ton taux de frais réels à l’abattement forfaitaire. Quand tes frais dépassent 50 % en services ou 71 % en vente, le régime réel retient un bénéfice plus faible que l’abattement. Dans ce cas, l’option pour le réel te fait payer moins d’impôt, même sous le plafond.
⚠️ Au-dessus du seuil majoré de TVA, tu deviens redevable dès le premier jour de dépassement, même loin du plafond du régime micro.
Le Service-Public compare le micro-entrepreneur, la SASU et l’EURL dans un tableau : la société protège mieux certains choix de rémunération, mais elle ajoute des statuts, un capital et une comptabilité plus lourde. Je conseille la micro-entreprise pour tester une activité, puis une société quand tes frais, tes associés ou tes projets de croissance l’exigent. Si tu prépares une cession, apprends à calculer la valeur de ton entreprise avant de fixer un prix.

Le dépassement mérite un exemple concret. Tu factures 90 000 € de prestations de services une année, puis 95 000 € la suivante : tu dépasses 83 600 € deux fois de suite et tu quittes le régime micro l’année d’après. Si une seule année dépasse, tu gardes ton régime. Tu quittes alors aussi le régime micro-social : tes cotisations se calculent sur ton bénéfice et plus sur ton chiffre d’affaires. Prévois ta trésorerie en conséquence, et fais-toi accompagner par un expert-comptable avant de franchir le plafond. Autant le dire franchement : à ce stade, un avis professionnel coûte moins cher qu’un calcul solitaire, surtout quand ton activité grossit vite et que tes frais changent d’une année sur l’autre.
Tu arrêtes ton activité ? Tu dois déclarer la cessation, puis régler les cotisations dues. Je détaille les étapes dans mon article pour fermer ton entreprise sans oublier une démarche. Dans les deux situations, le choix entre auto-entreprise ou micro-entreprise ne change rien : seule compte ta situation de chiffre d’affaires et de frais.
Comment déclarer ton activité sans te tromper ?
Tu déclares ton activité sur le guichet unique des formalités d’entreprises, géré par l’INPI depuis le 1er janvier 2023. Tu choisis ensuite de déclarer ton chiffre d’affaires chaque mois ou chaque trimestre à l’URSSAF. Une déclaration à 0 € s’impose quand tu n’as rien encaissé.
Tiens ensuite ton livre des recettes à jour, avec la date, le montant et l’origine de chaque encaissement. Dès que ton chiffre d’affaires dépasse 10 000 € deux années civiles de suite, tu ouvres un compte bancaire dédié à l’activité. Sépare dès le départ tes dépenses privées et professionnelles : tu simplifies ta déclaration et tu te protèges en cas de contrôle.
Tu peux demander l’ACRE, l’aide qui réduit tes cotisations en début d’activité. Vérifie son taux en vigueur sur le site de l’URSSAF avant de compter dessus. Pense aussi aux assurances : une activité du bâtiment impose la garantie décennale, et une profession réglementée impose souvent sa propre couverture. Enfin, ton immatriculation ne protège pas ton nom commercial. Pour cela, tu peux déposer ta marque auprès de l’INPI.
FAQ sur l’auto-entreprise et la micro-entreprise
Quels inconvénients peser avant de se lancer ?
Tu ne déduis pas tes frais réels, tes plafonds sont de 83 600 € en services et 203 100 € en vente, et tu ne récupères pas la TVA tant que tu bénéficies de la franchise en base.
Quel statut choisir quand on démarre seul ?
La micro-entreprise convient pour tester une activité avec peu de frais. Le Service-Public compare aussi la SASU et l’EURL, plus adaptées quand tes charges dépassent l’abattement forfaitaire de 50 % ou de 71 %.
Jusqu’à quel montant puis-je facturer ?
Le plafond est de 203 100 € en vente et de 83 600 € en services, mesuré sur les deux années précédentes. Le régime réel s’applique après un double dépassement.
Les deux appellations changent-elles mes démarches ?
Non. Le guichet unique de l’INPI et l’URSSAF traitent le même régime de micro-entrepreneur, fixé par la loi du 18 juin 2014.
Sources
- Service-PublicMicro-entrepreneur : ce qu’il faut savoir
- Service-PublicFranchise en base de TVA
- Service-PublicRégime fiscal de la micro-entreprise
- URSSAFLe statut de micro-entrepreneur

