Comment créer sa marque : la procédure légale du dépôt ?

Message de soutien affiché pour les petites entreprises
lucas

Lucas Chevalier

Rédacteur Droit-Travail.org

« Rendre le droit accessible à tous ! »

L’essentielFaits vérifiés

Ce qu’il faut savoir sur le dépôt d’une marque

  • Une marque doit remplir 4 conditions pour être valable : distinctive, disponible, licite et non déceptive.
  • Le dépôt en ligne coûte 190 € pour une classe et 40 € par classe supplémentaire, aux tarifs INPI en vigueur depuis le 2 juillet 2026.
  • La protection dure 10 ans, renouvelable indéfiniment, en vertu de l’article L712-1 du Code de la propriété intellectuelle.
  • La classification de Nice compte 45 classes de produits et de services, sans valeur juridique propre.
  • Les PME peuvent se faire rembourser jusqu’à 7 050 € de frais de dépôt via le Fonds PME de l’INPI.

5 faits vérifiés4 sourcesmis à jour le 27 septembre 2026

01

Ce qui rend ta marque valable

Un nom ne devient pas une marque protégée tout seul. Il doit être distinctif, disponible et licite avant tout dépôt.

02

Ce que protège vraiment le dépôt

Le dépôt ne bloque pas un nom en général. Il le réserve seulement pour les classes de produits ou de services que tu choisis.

190 euros. C’est le tarif affiché par l’INPI pour créer sa marque dans une seule classe de produits ou de services. Je trouve ce chiffre trop souvent ignoré par les entrepreneurs qui foncent sur un logo avant de vérifier si leur nom est seulement disponible. Tu peux avoir la meilleure identité visuelle du marché : si ton nom appartient déjà à quelqu’un d’autre, tu repars de zéro, budget graphiste compris.

Que dit la loi sur la création d’une marque ?

Le Code de la propriété intellectuelle fixe la règle depuis longtemps : une marque est un signe qui distingue tes produits ou tes services de ceux d’une autre entreprise, au sens de l’article L711-1. Ce signe peut être un mot, un logo, une forme ou une combinaison des trois.

Le texte distingue plusieurs formes que tu retrouveras partout dans les formulaires officiels. Une marque verbale ne protège qu’un mot ou une suite de mots, sans mise en forme particulière. Une marque figurative protège un logo ou un dessin seul. Beaucoup d’entreprises déposent les deux séparément, pour se couvrir même si elles changent un jour de charte graphique sans toucher au nom.

L’article L712-1 du même code ajoute un point que tu dois connaître avant de te lancer : une fois enregistrée, ta marque est protégée 10 ans, et ce délai se renouvelle indéfiniment tant que tu paies la redevance à temps. Rate un renouvellement et ton signe retombe dans le domaine public. N’importe qui peut alors le reprendre, y compris un concurrent direct.

Main tenant une pancarte de soutien aux commerces locaux

Ta marque, une fois déposée, devient un actif de ton entreprise au même titre que ton matériel ou ton fonds de commerce. Elle entre dans la valeur de ton entreprise le jour où tu cherches un repreneur ou un investisseur. Un nom fort sans titre de propriété ne pèse rien dans une négociation, je le vois trop souvent chez les repreneurs déçus.

A LIRE :  Le syndic a-t-il le droit d'entrer chez vous ?

Choisis un nom disponible et distinctif

Avant de foncer sur l’INPI, prends dix minutes pour tester ton nom sur la base-marques.inpi.fr et sur un moteur de recherche classique. Un nom trop proche d’une marque déjà déposée dans ton secteur te ferme la porte, même si tu l’as trouvé tout seul, même si tu ne connaissais pas l’autre marque au moment de choisir.

Les quatre conditions posées par le droit français tiennent en une liste courte, mais chacune peut suffire à faire annuler ton dépôt si elle manque :

  • Distinctive : elle ne doit pas se contenter de décrire ton produit, comme « le bon pain » pour une boulangerie.
  • Disponible : aucune marque antérieure identique ou proche ne doit exister sur les mêmes produits ou services.
  • Licite : elle ne peut pas heurter l’ordre public ni reprendre un symbole officiel.
  • Non déceptive : elle ne doit pas tromper le client sur la nature, la qualité ou l’origine de ce que tu vends.

Un nom qui échoue sur un seul de ces points t’expose à une annulation, parfois des années après le dépôt, sur simple action d’un concurrent devant le tribunal judiciaire. Change de nom à ce stade et tu refais tout : nouveau dépôt, nouvelle enseigne, nouveaux contrats à modifier avec tes fournisseurs.

❌ Une idée reçue circule encore beaucoup : créer un statut d’auto-entrepreneur ou déposer un nom de domaine suffirait à protéger ta marque. C’est faux. Seul le dépôt à l’INPI te donne un monopole d’exploitation opposable aux tiers.

Ne saute pas cette vérification pour gagner du temps. Un refus de l’INPI après ton dépôt ne te rembourse pas les 190 euros de la redevance, et une opposition d’un concurrent peut coûter bien plus cher en frais d’avocat que la recherche préalable elle-même.

Comment déposer ta marque à l’INPI ?

La démarche se fait entièrement en ligne, sur le portail procedures.inpi.fr. Tu choisis d’abord la forme de ta marque, verbale, figurative ou les deux ensemble, puis tu sélectionnes tes classes dans la classification de Nice, qui compte 45 classes couvrant tous les produits et services imaginables, de l’habillement à la restauration en passant par les logiciels.

Petite entreprise textile en plein travail créatif

Le nombre de classes choisies fixe directement ta facture. Voici ce que tu paies réellement selon ta couverture :

A LIRE :  Quitter un emploi sans contrat CDD signé : la marche à suivre
Classes couvertes Coût du dépôt en ligne
1 classe 190 €
2 classes 230 €
3 classes 270 €
6 classes 390 €

Un point que les guides généralistes oublient presque toujours : si ton entreprise est une PME, tu peux demander le remboursement d’une partie de cette redevance via le Fonds PME de l’INPI, plafonné à 7 050 € par an pour l’ensemble de tes démarches de propriété industrielle. Ce dispositif finance aussi une recherche d’antériorité, très utile pour éviter un refus.

Compte ensuite entre quatre et six mois avant de recevoir ton certificat d’enregistrement, le temps que l’INPI publie ta demande au Bulletin officiel de la propriété industrielle et laisse deux mois d’opposition aux titulaires de marques antérieures. Passé ce délai sans opposition, ta marque est enregistrée pour de bon, et tu peux enfin apposer le symbole ® sans risque.

Construis ta présence en ligne sans te faire piéger

Une fois ton nom choisi, réserve ton nom de domaine et tes comptes de réseaux sociaux avant de déposer ta marque, pas après. Rien n’empêche un tiers de rafler ton adresse pendant que tu remplis ton dossier INPI. Une adresse web cohérente avec ton nom évite aussi la confusion chez tes clients, qui tapent naturellement le nom de ta marque dans leur barre de recherche.

Feuille de travail pour une stratégie de petite entreprise

💡 Vérifie la disponibilité de ton nom sur les réseaux sociaux et sur la base marques de l’INPI le même jour. Un nom libre côté marques mais déjà pris partout ailleurs t’oblige souvent à revoir ta stratégie de visibilité avant même d’avoir commencé.

Garde aussi un œil sur les moteurs de recherche eux-mêmes. Google indexe très vite un nom de marque associé à des avis clients, des articles de presse ou des fiches d’établissement. Si un homonyme existe déjà dans un autre secteur, tes futurs clients risquent de tomber sur son site avant le tien pendant plusieurs mois, le temps que ton propre référencement rattrape le sien. Ce détail pèse rarement dans le choix d’un nom, alors qu’il conditionne directement combien de clients te trouveront réellement.

Si tu vends en ligne, la cohérence de ta marque pèse encore plus lourd. Fixer les bons prix pour tes produits ne suffit pas si ton nom se perd dans une recherche saturée de résultats similaires. Choisis un signe que personne d’autre ne peut confondre avec le tien, je te conseille même de tester sa prononciation à voix haute avant de l’adopter.

Que risques-tu si tu ne déposes jamais ta marque ?

Sans dépôt, tu n’as aucun monopole légal sur ton nom, même si tu l’utilises depuis des années. Un concurrent peut déposer le même signe avant toi et t’obliger, toi, à changer de nom du jour au lendemain. La loi protège le déposant en premier, pas celui qui a eu l’idée avant les autres : c’est ce qu’on appelle la règle de la priorité.

A LIRE :  Fermer son entreprise sans te tromper d'étape

Cette règle vaut aussi entre associés d’un même projet. J’ai déjà vu deux anciens partenaires se séparer, puis se disputer le nom de la marque qu’ils avaient construite ensemble, faute d’avoir précisé par écrit qui en resterait titulaire. Un dépôt fait tôt, au nom de la société et non d’une personne, évite ce genre de conflit une fois le succès arrivé.

Le risque inverse existe aussi : utiliser sans le savoir un signe déjà déposé t’expose à une action en contrefaçon, avec des dommages et intérêts calculés sur le préjudice commercial subi par le titulaire. J’ai vu trop d’entrepreneurs découvrir ce risque après avoir imprimé leurs cartes de visite, jamais avant.

Si un jour tu dois fermer ton entreprise, une marque déposée reste cessible ou transmissible : elle garde de la valeur même quand l’activité s’arrête. Un nom jamais déposé, lui, disparaît avec la société, sans rien à transmettre ni à vendre à un repreneur.

FAQ sur comment créer sa marque

Quels sont les éléments qui rendent une marque solide ?

Une marque solide repose sur les 4 conditions légales, distinctive, disponible, licite et non déceptive, avant même de penser au logo ou au slogan. Sans ce socle fixé par le Code de la propriété intellectuelle, aucune identité visuelle ne tient face à une opposition.

Quel budget prévoir pour déposer ta marque ?

Compte 190 € pour une classe et 40 € par classe supplémentaire, selon les tarifs INPI en vigueur depuis le 2 juillet 2026. Une PME peut récupérer une partie de cette somme via le Fonds PME, plafonné à 7 050 € par an.

Quelles conditions ta marque doit-elle remplir avant le dépôt ?

Le droit français en pose quatre : distinctivité, disponibilité, licéité et absence de caractère déceptif. L’article L711-1 du Code de la propriété intellectuelle sert de base à ce contrôle par l’INPI.

Existe-t-il plusieurs types de marques ?

Oui : la marque individuelle classique, la marque collective et la marque de garantie, dont le dépôt coûte 350 € pour une classe selon les tarifs INPI. Le choix dépend de qui utilisera le signe, une seule entreprise ou plusieurs membres d’un même groupement.

Catégorie :

Juridique

Partager :

Articles similaires :

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *